Un philosophe ausculte le cœur, muscle et métaphore
Dans un nouvel essai, Matthieu Dumont, atteint d'une valvulopathie depuis l'enfance, explore l'organe à la fois comme fait médical et comme symbole culturel.

Matthieu Dumont, philosophe né en 1985, vient de publier La forme d'un cœur aux Editions Les corps Conducteurs, selon Le Temps. L'ouvrage examine le cœur à la fois comme organe physique et comme symbole, en traversant la médecine, l'art et la culture.
Dumont écrit en connaissance de cause : il a été opéré à plusieurs reprises dès l'âge de 6 ans pour une valve aortique défaillante, une pathologie qu'il dit partager avec Arnold Schwarzenegger, décrit comme une «masse de muscles» abritant en son centre une fragilité insoupçonnée. Il se définit lui-même comme «cardiophile».
Selon Le Temps, l'essai montre que le cœur occupe aujourd'hui une place paradoxale : délaissé sur le plan symbolique, au profit du cerveau qui capte toute l'attention médiatique, mais surinvesti sur le plan médical, ployant sous les consignes pour le stimuler, le ménager, le guérir ou le remplacer — un fardeau dont le journal dit que les montres connectées sont désormais les témoins obsédants.
Le livre, écrit Le Temps, va de Frida Kahlo au Christ, rassemblant des figures liées au cœur dans l'art et les croyances. Parmi les citations figure Roland Barthes, qui décrivait le cœur comme «cet organe érectile qui se gonfle et défaille comme le sexe».
Le Temps qualifie l'essai d'ouvrage qui démarre lentement, comme un cœur à l'échauffement, avant de s'emballer, le journal le jugeant vertigineux et brillant.
Sources
Cet article a été écrit à partir de ces parutions.

