Un essai questionne la vertu que l'on prête aux sports de plein air
Dans «Enfermés dehors», à paraître le 2 octobre aux Editions Divergences, le journaliste Mathias Riquier examine pourquoi courir ou marcher en montagne est devenu un signe de vertu, et d'où vient réellement ce désir.

Trekking, trail, VTT, gravel, escalade: les sports d'extérieur ne cessent d'attirer un public toujours plus large, donnant aux espaces dits «naturels», et notamment à la montagne, des airs de grands terrains de jeu. La tendance est bien documentée, selon Le Temps: 58% de la population suisse âgée de plus de 15 ans pratique la randonnée, et en France plus d'un million de personnes ont franchi la ligne d'arrivée d'un événement de trail en 2024. La pandémie, après des semaines coincées à la maison, a accentué ce désir de «foncer en nature», écrit le journaliste et auteur Mathias Riquier.
Son essai, «Enfermés dehors. L'outdoor et la capture du désir d'évasion», doit paraître le 2 octobre aux Editions Divergences. Riquier interroge longuement ce mot, désir: d'où vient cet élan collectif qui pousse une population croissante à l'assaut des cimes, engoncée dans des vestes en Gore-Tex à 450 francs pièce? Qu'est-ce qui relève du libre arbitre, et qu'est-ce qui est construit, déterminé? L'auteur ne s'épargne pas lui-même — il fait partie de ce monde de bivouacs et de «micro-aventures» —, faisant de son essai autant une autocritique qu'une critique.
L'héritage des récits d'aventures
Riquier reconnaît la difficulté de l'entreprise: l'univers outdoor véhicule des valeurs a priori positives — protection de la nature, activité physique en plein air, découverte du monde et de soi. Selon Le Temps, l'essai replace ces idées dans la grande histoire des récits d'explorateurs et de la littérature d'aventure, situant les traileurs et randonneurs d'aujourd'hui dans une tradition narrative bien plus ancienne.
Sources
Cet article a été écrit à partir de ces parutions.

