Clémentine Mélois transforme une rupture amoureuse en inventaire d'objets et de souvenirs
Dans son nouveau roman, l'écrivaine et plasticienne suit une femme qui trie, après une rupture, tout ce qu'un appartement peut contenir de souvenirs, selon Le Temps.

Le nouveau roman de Clémentine Mélois, Choses que je croyais perdues, s'ouvre sur un dilemme familier: comment vider correctement un appartement après une rupture amoureuse, par une tabula rasa énergique ou par une flânerie rêveuse? Selon Le Temps, la narratrice, Emilie, doit trancher cette question en emballant ses affaires.
Emilie, précise le journal, ne jette rien, et chaque objet qu'elle range dans un carton porte sa propre histoire, du torchon à carreaux cousu par sa grand-mère au décapsuleur CGT qui chante L'Internationale. Comme l'écrit Mélois, citée par Le Temps: «Ce sont les histoires qui font de nous ce que nous sommes […] En se posant sur un caillou, l'histoire en fait une pierre précieuse.» Un galet glissé un jour dans une poche, pour se souvenir d'une baignade dans la rivière du Vecchio, devient l'un de ces objets: «souviens-toi.»
Pièce après pièce, de la cuisine, sa préférée, à la salle de bains, celle qui l'indiffère le plus, les trouvailles d'Emilie s'accumulent tandis qu'elle s'adresse à un Tristan silencieux, qui ne répond plus, d'après le résumé fourni par Le Temps.
Le Temps inscrit ce roman dans le talent plus large de Mélois pour mettre en scène des fins. L'écrivaine et plasticienne vient de quitter avec fracas le groupe de l'Oulipo, qui avait fini par l'ennuyer, notamment, selon le journal, en raison d'une présence féminine toujours aussi homéopathique plus de soixante ans après sa fondation. Comme les statuts du groupe ne permettent de le quitter de son vivant que par un suicide simulé devant notaire, Mélois s'y est pliée, avec accessoires de théâtre à l'appui et un discours de son représentant légal faisant valoir que ce suicide putatif déployait pleinement ses effets. Le Temps rappelle aussi son précédent livre, Alors c'est bien, consacré à l'adieu à son père artiste.
Sources
Cet article a été écrit à partir de ces parutions.

