Elif Shafak, entre doute et dépression, raconte l'écriture en temps de crise
Dans un nouvel entretien accordé au Guardian, la romancière turco-britannique revient sur la crise créative qui a précédé son dernier roman et se demande si raconter des histoires a encore un sens en période de chaos.

La romancière Elif Shafak s'est confiée au Guardian sur une période de dépression et de doute créatif qui a précédé l'écriture de son dernier roman, évoquant une question centrale qui la tourmentait : y a-t-il une quelconque valeur à écrire de la fiction en temps de chaos ?
Selon cet entretien, Shafak a parlé de son enfance nomade, de son expérience d'écrivaine ciblée par le gouvernement turc, et de la manière dont elle a traversé une dépression pour achever son nouveau livre. L'article rappelle qu'autrefois qualifiée d'"autrice féminine la plus lue de Turquie", Shafak est aujourd'hui considérée comme la plus aimée du pays, alors même que son compatriote Orhan Pamuk détient le prix Nobel qui continue de lui échapper.
Le Guardian retrace le parcours récent de son œuvre : There Are Rivers in the Sky, qui suit une goutte de pluie depuis l'ancienne Ninive jusqu'au Tigre de 2018, a figuré parmi les romans littéraires les plus vendus au Royaume-Uni l'an dernier ; The Island of Missing Trees, situé entre Chypre et Londres, a été finaliste du Women's Prize en 2022 ; et 10 Minutes 38 Seconds in This Strange World, narré par une travailleuse du sexe assassinée à Istanbul, a été finaliste du Booker Prize en 2019. En décembre dernier, elle a été élue présidente de la Royal Society of Literature.
Shafak s'est décrite elle-même, lors d'une conférence TED largement visionnée en 2017, comme "une âme globale, une citoyenne du monde, une nomade et une conteuse itinérante", rapporte le Guardian, un autoportrait qui encadre cet entretien retraçant toute sa carrière.
Sources
Cet article a été écrit à partir de ces parutions.

