France Culture célèbre les 70 ans du Congrès des écrivains et artistes noirs à la Sorbonne
Une série radiophonique en neuf volets revient sur le rassemblement de 1956 qui réunit à Paris Césaire, Senghor, Fanon et Richard Wright, accompagnée de deux portraits de son organisateur, Alioune Diop, fondateur de la revue Présence africaine.

France Culture diffuse cette semaine, dans son émission Les Nuits de France Culture, une série en plusieurs volets marquant les soixante-dix ans du premier Congrès des écrivains et artistes noirs, tenu à la Sorbonne en 1956. Selon le diffuseur, ce congrès a fait de la culture un espace de contestation coloniale, réunissant Alioune Diop, Frantz Fanon, Aimé Césaire et Léopold Sédar Senghor, parmi d'autres grandes voix du mouvement d'émancipation.
Deux épisodes sont consacrés à Diop lui-même, l'intellectuel sénégalais fondateur en 1947 à Paris de la revue Présence africaine. France Culture le présente comme un penseur majeur de la cause noire et de la négritude, construit à travers des influences africaine, arabe et française, l'un des portraits s'attardant en particulier sur sa foi catholique. Un autre épisode, avec l'écrivain Michel Le Bris, retrace l'histoire de Présence africaine comme foyer central de la pensée noire de l'après-guerre et situe le Congrès de 1956 dans ce récit.
La série revient aussi sur des contributions individuelles au rassemblement de 1956. Un épisode est centré sur le discours de Frantz Fanon, "Racisme et culture", où le psychiatre et penseur relie racisme, culture et système colonial, jusqu'à défendre ouvertement l'indépendance algérienne. Un autre montre comment le congrès a croisé le mouvement américain des droits civiques, notant que Richard Wright figurait parmi les participants et que James Baldwin a couvert l'événement en tant que journaliste. Un autre épisode encore, s'appuyant sur des archives de l'INA, revient sur le congrès trente ans après à travers les témoignages de participants et de témoins, avec des extraits de discours originaux. L'écrivain haïtien Jacques Stephen Alexis, médecin et militant révolutionnaire connu pour son "réalisme merveilleux" et mort à 39 ans dans des circonstances restées mystérieuses, fait également l'objet d'un portrait dédié au sein de la série.
Les émissions sont diffusées durant la semaine du 19 au 20 septembre 2026 et disponibles en podcast sur le site de France Culture.
Sources
Cet article a été écrit à partir de ces parutions.

