À 83 ans, Rose Tremain sur ce qu'il reste de sa génération d'écrivains
À l'occasion de la parution d'un nouveau roman consacré à Daphne du Maurier, l'écrivaine britannique revient sur sept décennies d'écriture et sur la disparition progressive de ses contemporains.

Rose Tremain, 83 ans, publie un nouveau roman centré sur Daphne du Maurier, et profite de l'occasion pour livrer, dans The Guardian, une réflexion sur soixante-dix ans d'écriture et sur ce qu'elle appelle la disparition de sa génération.
Tremain écrit que sur les vingt romanciers figurant sur la fameuse liste Granta des Best of Young British Novelists de 1983, six sont aujourd'hui décédés, dont Martin Amis, qu'elle qualifie de leur « satiriste le plus princier », selon The Guardian. Elle relève que d'autres survivants portent des marques visibles du temps : Salman Rushdie, agressé au couteau, et Julian Barnes, atteint d'un cancer du sang, tandis que certains font face à la blessure plus discrète de l'oubli.
Dans le texte, elle se demande si les lecteurs veulent encore entendre les écrivains de sa génération, et s'interroge sur le fait que l'annonce de Julian Barnes de se retirer de l'écriture pour cause de maladie traduisait peut-être aussi le pressentiment que les jeunes générations en avaient assez de ces « vieux oiseaux et croulants », comme elle les appelle, formés à l'époque où Sean Connery avait encore ses fossettes et où David Hockney venait de se teindre les cheveux en jaune.
Malgré ce bilan de pertes, Tremain affirme n'avoir aucune intention d'arrêter d'écrire, présentant son nouveau roman sur du Maurier comme la preuve que l'inspiration peut encore surgir tard dans une longue carrière.
Sources
Cet article a été écrit à partir de ces parutions.

