Anne Godard dissout la famille dans les pronoms
Dans « Nous aussi », un titre remarqué de la rentrée littéraire, Anne Godard se sert des pronoms collectifs pour raconter des violences sexuelles longtemps tues au sein d'une famille.

« Nous aussi », d'Anne Godard, s'impose comme l'un des textes importants de la rentrée littéraire 2026, selon En attendant Nadeau, qui y voit un roman frappant sur des violences obstinément tues, construit autour d'une forme inventée pour priver un sujet de sa singularité et de ses relations aux autres.
France Culture, dans sa chronique littéraire, présente ce livre comme l'un des grands titres de la saison, qui corrode en courts chapitres incisifs la mécanique bien huilée de la famille bourgeoise. Selon la radio, le roman porte sur un secret familial et la violence sexuelle, et se distingue par sa radicalité et la beauté de son écriture.
Les deux comptes rendus pointent le même dispositif au cœur du livre : les pronoms. En attendant Nadeau évoque une sorte de « dictature des pronoms », où un sujet narrant se voit dépossédé d'une voix individuelle. France Culture situe cet effet plus précisément dans l'usage du « on », comme moyen de nommer ce qu'une famille ne parvient pas à dire directement.
Aucun des deux résumés ne donne de détails sur l'intrigue, le nombre de pages ou l'éditeur, et aucun n'est fourni ici. Ce sur quoi les deux sources s'accordent, c'est la place du roman dans la rentrée : un texte construit autour d'une expérimentation formelle sur la grammaire elle-même, mise au service d'un récit sur le silence obstiné autour de violences sexuelles familiales.
Sources
Cet article a été écrit à partir de ces parutions.

