L'éditeur canadien de Thélyson Orélien rompt avec lui après la découverte de traces d'IA dans son roman en lice pour le Goncourt
Les Éditions du Boréal reviennent sur leur position, une semaine après avoir défendu publiquement l'auteur haïtien, en affirmant qu'une analyse externe a révélé des balises d'IA dans les métadonnées des versions de travail de « C'était ça ou mourir ».

L'éditeur montréalais Les Éditions du Boréal a annoncé mercredi mettre fin à sa collaboration avec Thélyson Orélien, l'écrivain haïtien dont le roman C'était ça ou mourir était en lice pour le prix Goncourt et paru en France chez Grasset. La maison ne réimprimera pas le livre et ne publiera pas d'autres ouvrages de l'auteur, selon Livres Hebdo, Télérama et Le Temps.
Cette décision marque un net revirement. Le 14 octobre, Boréal avait publiquement pris la défense d'Orélien, affirmant ne disposer d'aucune preuve d'un recours à l'intelligence artificielle pour l'écriture du roman et estimant qu'un éditeur devait se tenir aux côtés de ses auteurs plutôt que d'exiger des preuves de leur part, rapportait Le Temps.
Cette position a tenu une semaine. Selon le communiqué de l'éditeur, cité par Bibliobs et Le Temps, Thélyson Orélien a annoncé qu'il ne fournirait aucun autre élément pour éclaircir l'affaire, poussant la maison à commander une analyse externe approfondie de l'ensemble des versions de travail du manuscrit. « Les résultats obtenus cette semaine ont révélé des traces de balises d'IA dans les métadonnées de certains documents », indique le communiqué, qui précise que l'ampleur exacte du recours à l'IA ne sera peut-être jamais connue.
Boréal affirme que ces nouveaux éléments contredisent les assurances répétées de l'auteur, qui avait toujours nié avoir eu recours à l'IA pour écrire son roman. El País souligne que le communiqué de l'éditeur revient à reconnaître directement l'utilisation de l'IA, après des semaines d'incertitude publique autour du livre.
Sources
Cet article a été écrit à partir de ces parutions.

