Douglas Stuart retourne aux confins de l'Écosse pour un roman de pères, de fils et de secrets insulaires
Dans «John, fils de John», l'auteur écossais de «Shuggie Bain» fait revenir un jeune homme sur l'île de Harris, où l'attendent une grand-mère mourante et un père désapprobateur, selon Le Temps.

Un jeune homme rentre au pays, à contrecœur, la peur au ventre, sur l'île de Harris, tout au bout de l'Écosse. Sur le ferry qui le ramène, on le somme déjà de se situer dans la généalogie de l'île: il répond qu'il est John fils de John fils de Iain fils de Iain le Breabadair. Selon Le Temps, il s'agit de John Calum Macleod, dit Cal, appelé par son père car la grand-mère qui l'a élevé serait au plus mal.
Cal débarque en pleine descente d'ecstasy, transi, trempé, pas prêt à affronter le regard désapprobateur de son père sur ses cheveux longs et mal décolorés, ses habits de récupération. Parti étudier, il revient, à ses propres yeux, en loser: diplômé avec succès mais sans emploi, endetté, paumé, selon le récit du journal.
Il s'agit du troisième roman de Douglas Stuart, après le succès de Shuggie Bain (2021) et de Mungo (2023). Le Temps décrit John, fils de John comme le récit puissant de l'insularité: surveillance mutuelle, contrôle social, secrets, mais aussi entraide, attachement et appartenance. La critique note que le récit est porté par une énergie qui entraîne, même s'il s'égare un peu en digressions vers la fin.
Une grande part du charme du livre, selon la critique, tient au rude paysage des Hébrides extérieures: des cailloux battus par les tempêtes, éclairés par des coups de soleil qui réchauffent jusqu'au cœur. Les dialogues laconiques en gaélique, destinés à agacer une grand-mère qui fait mine de ne pas les comprendre, apportent des moments comiques. Le corps est très présent — maltraité par les travaux de la pêche et des champs, perclus, blessé, imbibé d'alcool, cherchant l'étreinte — tandis que les odeurs de moutons et de chiens mouillés, de vieilles chaussures, de fumée de tourbe et de fromage grillé stagnent, dit-on, dans les fermes décrépites du roman.
Sources
Cet article a été écrit à partir de ces parutions.

