L'affaire Thélyson Orélien relance le débat des écrivains sur l'IA
L'exclusion de Thélyson Orélien de la liste des finalistes du prix Goncourt, soupçonné d'avoir eu recours à l'intelligence artificielle pour écrire son roman, pousse des écrivains français à interroger publiquement leur rapport à des outils comme ChatGPT.

L'écrivain haïtiano-canadien Thélyson Orélien a été retiré de la liste des finalistes du prix Goncourt après des soupçons selon lesquels son roman « C'était ça ou mourir » aurait été écrit à l'aide de l'intelligence artificielle, rapporte Bibliobs (Le Nouvel Obs). L'épisode a secoué le monde de l'édition et conduit plusieurs écrivains à s'exprimer publiquement sur ce que ces outils changent à leur métier.
Selon Bibliobs, des auteurs comme Virginie Despentes, Philippe Jaenada, Pierre Assouline et Aurélien Bellanger ont commencé à interroger leurs propres méthodes de travail à la suite de cette affaire. Un écrivain, cité anonymement dans le titre de l'article, décrit ChatGPT comme un outil qui « me fait aller beaucoup plus vite, mais beaucoup plus dangereusement ».
Le service Livres du Monde a consacré un épisode de podcast à la controverse, intitulé « IA dans la littérature : prompter, c'est tromper ? ». Les journalistes Michaël Szadkowski et Nicolas Six, du service Pixels du quotidien, y examinent comment l'affaire Orélien oblige le monde littéraire à se confronter à l'usage de l'IA générative dans l'écriture de manuscrits.
Par ailleurs, Bibliobs s'est entretenu avec Rodney Saint-Eloi, écrivain haïtiano-canadien et fondateur de la maison d'édition montréalaise Mémoire d'encrier, qui s'est souvenu de l'arrivée d'Orélien au Québec juste après le séisme de 2010 en Haïti. Saint-Eloi dit être « effrayé par la brutalité de l'exécution d'un être humain » dans la façon dont l'affaire s'est déroulée, et revient sur ce que représente la littérature pour sa génération : une porte de sortie.
Sources
Cet article a été écrit à partir de ces parutions.

