Avec son deuxième roman, Osvalde Lewat envoie un couturier de Paris au pays du bwiti
Dans «Un Corps indocile», l'autrice camerounaise primée pour «Les Aquatiques» raconte les tribulations d'un jeune couturier africain, entre Paris, la Chine et un pays natal imaginaire.
Le nouveau roman d'Osvalde Lewat, «Un Corps indocile», a reçu une critique favorable du Temps, qui le qualifie de deuxième roman très réussi de l'autrice des «Aquatiques», prix Kourouma en 2022.
Le livre suit Dieunedort Deffo Deffo, jeune créateur de mode qui tente de percer à Paris, où il dirige un atelier baptisé Route du Haut Fenn en hommage à sa région natale. Deffo vient du Zambuena, pays inventé par Lewat pour «Les Aquatiques». Selon Le Temps, le roman s'ouvre sur la révélation que Deffo a tué un homme, et le récit s'attache ensuite à expliquer comment il en est arrivé là et ce qui s'ensuit, avec un rythme soutenu et la même verve ironique que son premier roman.
Le livre est construit autour de deux lignes narratives entrecroisées, précise la critique: l'une, en italique, poétique et parfois obscure, remonte le temps depuis le meurtre; l'autre suit le couturier de Paris à Dengfeshan, via le Zambuena, jusqu'à une rédemption finale décrite par Le Temps comme un peu bousculée mais dynamique.
Dans son atelier parisien, Deffo crée des pièces rares dans des tissus traditionnels, coûteux et difficiles à travailler, pour une clientèle qu'il se permet de choisir — un modèle économique qui le laisse, selon la critique, dans une situation financière précaire. Il est amoureux de Merveille, décrite comme une jeune femme longiligne, métisse, libre d'esprit, frondeuse et joueuse, née dans une richissime famille belgo-congolaise. Sa situation se complique d'une douleur à l'aine qui ralentit son travail et affecte sa virilité, l'envoyant vers une succession de thérapeutes: d'abord sa tante, avec ses remèdes traditionnels, puis divers spécialistes parisiens coûteux et inefficaces. Résigné, il finit par vendre son atelier et retourne au pays affronter le rituel initiatique du bwiti, selon Le Temps.
Sources
Cet article a été écrit à partir de ces parutions.