Un tract féministe des années 1970 sur une lunette de WC cassée paraît en français
Écrit au début des années 1970 par Anya Berger, traductrice et compagne de John Berger, un court récit d’une réparation domestique est traduit en français par sa fille, avec une préface de Mona Chollet.

Selon Le Temps, l’ouvrage «Comment je me suis sortie de la merde» rassemble un texte écrit par Anya Berger (1923-2018) au début des années 1970. Intellectuelle russo-britannique, Anya Berger a traduit Marx et Le Corbusier, et fut la collaboratrice et la compagne de John Berger.
L’histoire racontée est modeste dans son objet: une lunette de WC a cédé sous le poids de l’homme de la maison, parti sans la réparer. Restée seule à élever les deux enfants, la femme décide de la changer elle-même — un travail «typiquement masculin», selon les mots rapportés par Le Temps, qu’elle entreprend en partie pour cette raison même, en tant que militante du MLF, à l’aube des années 1970.
Le Temps décrit la suite comme une épopée racontée avec humour et rage: une femme qui se targuait d’être plus Marie que Marthe, plus intellectuelle que manuelle, achète une nouvelle lunette, sollicite la voisine puis le quincaillier, avant de s’acharner tout un samedi après-midi sur des strates de saleté, des vis récalcitrantes, des outils inadaptés et une huile visqueuse, sous le regard ébahi de ses enfants. Le récit s’achève, selon le résumé, en triomphe sur cette épreuve — et sur les stéréotypes de genre qu’elle mettait en jeu.
L’édition française a été traduite de l’anglais par la fille d’Anya Berger, Katya Berger Andreadakis, et est préfacée par l’essayiste Mona Chollet. Le Temps illustre son article d’une photographie, créditée Dorothée Thébert pour art&fiction, montrant Katya Berger Andreadakis à Genève le 3 décembre 2025, tenant une photo de sa mère.
Sources
Cet article a été écrit à partir de ces parutions.

