Dans son premier roman, Addie E. Citchens dévoile les faux-semblants d'une église du Mississippi
Dans «Les Révérentes», l'écrivaine américaine suit deux femmes soumises à l'emprise d'une communauté baptiste noire rongée par l'hypocrisie, selon Le Temps.

Native de l'Etat du Mississippi et toujours installée dans le Deep South, à la Nouvelle-Orléans, Addie E. Citchens puise dans son propre vécu pour son premier roman, «Les Révérentes». Comme elle le confie à Le Temps, sa première communauté a été «l'Eglise, dans toute son horreur et sa grandeur», et le roman serait né, selon elle, de ses premières observations des hypocrisies inhérentes à cette institution: «Les hommes dirigeaient en paroles, non en actes, tandis que les femmes servaient, payaient la dîme et se disputaient leur propre oppression.»
L'autrice a porté ce roman pendant plus de dix ans avant de trouver ce qu'elle appelle le «bon dénouement» de la version finale. Avant ce livre, elle n'avait publié que des nouvelles, dans The New Yorker et The Paris Review.
L'histoire se déroule à Dominion, petite ville fictive du Mississippi décrite comme un lieu «où il y a eu de la tristesse empilée sur de la peine empilée sur de la douleur». Elle se concentre sur la communauté de l'Eglise baptiste noire «des Sept Sceaux» et son patriarche, le révérend Sabre Winfrey, qui règne spirituellement sur ses fidèles tout en dirigeant un petit empire commercial comprenant un salon de coiffure, une station de radio conservatrice et des biens immobiliers.
Winfrey et son épouse Priscilla, surnommée «la Première dame», ont cinq fils, dont le plus jeune, Emmanuel, chanteur talentueux et star de l'équipe de football américain du collège, surnommé Wonderboy, à qui tout réussit, à l'image de son père. Derrière cette image de famille pieuse et prospère, le roman montre comment le vernis craque, révélant que le succès, la bonté, la moralité et l'intégrité affichés ne sont pas ce qu'ils paraissent.
Sources
Cet article a été écrit à partir de ces parutions.

