Avec «Le Champ de roses», Philip Pullman referme ses deux trilogies sur une note jugée décevante
Paru en français cet automne, le roman clôt à la fois «A la croisée des mondes» et «La Trilogie de la Poussière» — mais Le Temps y voit une quête finale confuse et une écriture moins sûre.
«Le Champ de roses», paru en français cet automne, réunit les deux cycles de fantasy que Philip Pullman construit depuis les années 1990: «A la croisée des mondes» (1995-2000) et «La Trilogie de la Poussière» (2017-2025), tous deux puisés, selon Le Temps, dans Paradise Lost de John Milton, poème que l'écrivain vénère.
Les romans se déroulent dans un monde tangentiel au nôtre, où l'âme de chaque être humain prend la forme d'un animal familier, le daemon. L'héroïne, Lyra, apparaît d'abord à onze ans, grandissant dans un collège d'Oxford, avant de franchir le cercle polaire puis une réalité adjacente, où elle rencontre Will et son Couteau subtil, capable d'ouvrir des portes entre les mondes. Un préquel, «La Belle Sauvage», situé dix ans plus tôt, suit deux adolescents fuyant sur la Tamise en crue avec le bébé Lyra, pourchassés par le Magisterium — autorité calviniste genevoise hostile à la «théologie expérimentale», c'est-à-dire la science.
Vingt ans plus tard, dans «La Communauté des esprits», Lyra s'est convertie au matérialisme et a perdu ses pensées heureuses, se brouillant avec son daemon Pantalaimon, un mustélidé qui part de son côté chercher une essence de roses susceptible de lui rendre son imagination. «Le Champ de roses» reprend ce fil: Lyra part vers l'Orient, en direction de la Cité de la Lune, aux portes du désert, à la recherche de son daemon disparu.
Le Temps, dans sa critique, juge la conclusion décevante, décrivant un pavé dont la quête, menée dans un cadre proche-oriental, se perd en confusion, et dans lequel Pullman, selon le journal, perd une partie de la grâce qui caractérisait les tomes précédents.
Sources
Cet article a été écrit à partir de ces parutions.