Laura Kasischke revient avec un roman sur la culpabilité, situé le jour où Apollo 11 est parti pour la Lune
Treize ans après «Esprit d'hiver», la romancière américaine publie «Baignade surveillée», salué comme un retour réussi par Le Temps.

Le onzième roman de Laura Kasischke, «Baignade surveillée», paraît treize ans après «Esprit d'hiver», selon Le Temps. Le récit se déroule sur une seule journée, le mercredi 16 juillet 1969, à Mission Hills, petite ville du Michigan, alors qu'Apollo 11 quitte la Terre pour la Lune.
À l'émerveillement du matin succède, dans la chaleur étouffante de l'après-midi, le drame: le petit Richie Manning, cinq ans, se noie dans une nouvelle piscine de quartier bondée, «bleu lagon tropical électrique», malgré la présence d'une jeune maître-nageuse. Le Temps souligne la question qui traverse le roman: surveillait-elle vraiment la baignade derrière ses lunettes noires?
Kasischke raconte cette journée à travers de multiples points de vue, alternant passé et présent, selon un chapitrage en dix parties qui progresse de un à dix puis recule de dix à un, sans chronologie linéaire — une construction que Le Temps décrit comme circulaire, faite de ricochets et de tourbillonnements.
L'écrivaine et poétesse américaine plonge sa tragédie intime dans l'euphorie collective de la conquête spatiale, pour restituer ce que la critique appelle «une journée étrange d'un été étrange, d'une année étrange» — avec sa musique étrange, ses meurtres étranges, ses vêtements, ses coupes de cheveux, ses guerres et ses émeutes étranges. Le Temps qualifie le livre de retour très attendu et réussi.
Sources
Cet article a été écrit à partir de ces parutions.

